¤ V201X ¤ Guerre symétrique et terrestre au 21ème siècle

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¤ V201X ¤ Guerre symétrique et terrestre au 21ème siècle

Message par Prishayev le Ven 20 Jan 2017 - 13:59

GUERRE SYMÉTRIQUE ET TERRESTRE AU XXIe SIÈCLE



Table des matières :

I. L'Organisation, industrie et temps de paix.
II. Temps de guerre et mobilisation
III. Planifier une opération
IV. De la planification à l'exécution
V. Doctrine, emploi des forces
VI. L'échelle tactique
VII. Résultat d'une opération et continuité de la guerre

Avant-propos

La guerre, prolongement de la politique par d'autres moyens, est sans conteste au cœur des préoccupations principales des chefs d'Etat et demeure l'une des bases de l'influence d'une puissance, le moyen d'expression le plus brutal et le plus sécurisant qui soit. La guerre contemporaine est complexe, elle repose sur la supériorité des armes de soutien, le retour en force de l'infanterie et sa consommation en vies contraste avec la diminution du format des armées. Entrainant une limitation des conflits sous le parapluie de l'Armageddon et du droit international. Au cours de cet exposé je vais essayé d'élaborer un guide pour pratiquer la guerre symétrique et terrestre au 21ème siècle.

I. L'Organisation, industrie et temps de paix.

La préparation en temps de paix est la base des moyens d'un pays en temps de guerre, aussi ne lésinez pas sur vos efforts pour constituer des bases organisationnelles solides. Une bonne organisation repose sur une structure militaire et industrielle adaptée, un équilibre du dispositif militaire et en adéquation avec son environnement stratégique. Ainsi, il est prioritaire de concevoir une industrie de la défense adaptée à vos besoins, de constituer des formations (limitées par le réservoir humain et budgétaire), de les concevoir et les déployer avec raison (environnement) et enfin de veiller à la maturité de vos forces, elles se doivent d'être plus qualitatives que quantitatives en temps de paix.

L'industrie de la défense est lié à l'Etat, privée ou non l'industrie militaire répond exclusivement aux commandes étatiques (j'omet les ventes sportives) tant en valeur comme en volume. Certes, il tient de l'indépendance nationale que de disposer d'une industrie de la défense capable de fournir l'essentiel à vos forces armées, mais elle se doit également d'être un minimum lucrative donc vise soit un marché national conséquent soit un marché extérieur prospère, tirer son épingle du jeu dans l'industrie de la défense s'accompagne toujours d'accords de long terme entre partenaires, raison de la prédominance de pays engagés et influents dans le marché des armements.

L'industrie de la défense doit être maintenue à niveau par des projets de recherche, généralement soutenus par l'Etat avec à la clef des commandes fermes mais après une compétition entre plusieurs acteurs. En cas de diminution de vos commandes et dans un contexte international difficile vous ne ferrez que précipiter la réduction proportionnelle et progressive des capacités de production de votre industrie, maintenir des commandes et des projets, quitte à subventionner, vous maintient sur les rails et vous permet de rester dans la course internationale et maintenir une indépendance nationale, vitale en temps de guerre (voir exemple : guerre Iran-Irak).

Constituez une réserve opérationnelle instruite et mobilisable en temps de guerre, elle constitue le premier réservoir dans lequel puiser pour remplumer vos unités et accroitre la taille de votre armée. Les réservistes constituent votre second atout (à côté de l'industrie) en cas de guerre, aussi veillez à disposer d'organismes palliatifs si vous ne disposez pas d'une grande réserve de vétérans ou d'un système de conscription, la limitation des armées intégralement professionnalisées est un handicap de taille en cas de guerre symétrique de haute intensité.

Parenthèse : La différence entre le réserviste et l'actif est la suivante : l'actif sensé être le soldat a plein temps, son entrainement est supérieur. Le réserviste dispose d'une formation militaire et peut être appelé de temps a autre le temps d'un entrainement mais mène une vie civil en temps de paix. En revanche, le paramilitaire est une définition regroupant des forces liés aux armée comme la gendarmerie comme des milices, le niveau et les performances a attendre sont donc très inégales, certaines milices pouvant surpasser des forces régulières. Enfin les conscrits sont des citoyens effectuant leur service miliaire, comptant pour des actifs mais pour un temps plus limité.

II. Temps de guerre et mobilisation

L'organisation de l'armée répond à une équation entre les moyens et les besoins. En ce sens vous devriez veiller à organiser vos forces armées en divisions et brigades, à les pourvoir du nécessaire pour accomplir le mandat inhérent à leur type et les intégrer dans l'éventail de moyens à votre disposition. Pour ce faire, réalisez - a la déclaration de guerre et lors de mobilisation - un TOE en standardisant vos formations sur des modèles clairs et adaptés, ajoutez un régiment à un type de division après l'avoir mûrement calculé tant du point de vue de vos moyens que de la répercussion sur vos besoins qui augmenterons tant en hommes qu'en matériels. Répartissez vos forces par district/théâtre et positionnez vos forces. Attention, ce passage n'est en rien obligatoire, ce n'est qu'un conseil !

Exemple 1 : Le TOE (Table of Organization and Equipment)

TOE russe 2007-2008:


Le TOE permet de faire le tour de vos moyens par district/théâtre, ainsi la modération de la guerre et vous même pouvez rapidement afficher vos effectifs, le redéploiement stratégique est possible mais ne vous permet pas de déployer en trois jours vos forces positionnées en Afrique sur un théâtre Pyrénéen, donc après les voir structurées, vous devrez répartir vos forces au nom du bon sens. Un conseil, ne cherchez pas à détailler la structure de vos unités, contentez vous d'octroyer des hommes et des véhicules à chaque type de formation et d'en disposer d'un minimum (de types) afin de conserver une certaine simplicité qui vous sera utile plus tard.

Vous vous êtes préparé, l'organisation de vos armées est disponible et votre industrie de la défense émerge ou se développe, gagnant des marchés sur tous les fronts. Mais voilà que le voisin engage les hostilités contre vous, que faire ? Dans un premier analysez bien son Casus-Belli, s'il désire le Khouzistan (mettons) il n'a qu'un objectif de guerre limité, donc vous avez deux choix : lui disputer le Kouzistan et espérer limiter le conflit ou engager un conflit de grande ampleur sur toute sa frontière et le forcer à reculer par une action conjuguée de toutes vos forces face aux siennes, a bien des égards le conflit limité est plus facile à contrôler, un conflit de grande ampleur a cependant bien des chances de faire reculer votre adversaire, celui ci n'ayant préparé qu'une campagne courte et probablement celui ci n'a t-il pas préparé son économie à la guerre.

La préparation à la guerre a été faite en amont par votre pays, reste à mobiliser les moyens dont devriez disposer pour défendre l'intégrité de vos frontières ou engager une marche conquérante à travers les territoires voisins. Dans un premier temps il faut jouer de certains fils, le premier étant la propagande qu'il faut employer pour donner un impact moral à votre décision de conquérir ou défendre, la guerre sacrée, la défense de la patrie en danger, la lutte des classes etc.. tout ceci entre dans le cadre de la propagande, une population entrainée par la conscription ou suffisamment militarisée et déterminée surmontera l'impossible pour servir la cause, elle servira en nombre dans vos armées de masse.

Le second est industriel, il faut mobiliser vos travailleurs certes via la propagande mais avant tout vos moyens de production, décupler ces derniers ou acquérir à l'étranger le nécessaire au renouvellement et l'extension de votre parc. La guerre est avant tout économique, elle s'engage dans la mobilité la plus extrême, l'espace étant conséquent et les forces peux nombreuses, mais rapidement avec la mobilisation de votre population, de votre économie et particulièrement de votre industrie les deux armées si le premier choc n'a pas décidé d'un vainqueur vont se livrer un conflit sanglant et massif. Aussi ne réduisez pas en temps de guerre vos efforts, le pays tout entier doit se tourner vers la victoire car c'est de cette mobilisation que dépendra la victoire finale.

Exemple 2 : Guerre Iran-Irak


Effort matériel des belligérants:


Le bilan:


Ici Saddam a clairement une supériorité qualitative, il ne dépense pas son personnel vainement et préfère les formations mécanisées et la défense en profondeur comme l'enseignent les conseillés soviétiques en Irak. Il a une démographie deux fois inférieure à l'Iran, pourtant il est soutenu par les pétromonarchies sunnites qui dépensent sans compter dans son armée et son économie, lui permettant de surmonter la chute du cours du brut (principal produit d'exportation Irakien) et de faire croitre au fur et à mesure des années son armée tout en saignant l'armée Iranienne moins bien équipée au fur et à mesure du conflit et réduite à une infanterie sommairement équipée lors des dernières années. Le rempart du sunnisme a tenu après une guerre d'usure suite à l'indécision de la première offensive de Saddam au Khouzistan, l'aviation des eux camps a joué un rôle conséquent mais aucun des protagonistes n'a pu prendre l'avantage sur l'autre dans ce domaine. L'aviation de Saddam ayant vécu de nombreuses défaites mais celle des Iraniens, meilleure, a été clouée pour l'essentiel au sol pendant la majorité du conflit faute à une logistique défaillante. En somme, sans supériorité numérique et qualitative conséquente d'un camp sur un autre la guerre s'éternise, notamment sans un soutien aérien massif. Les ressources engagées par l'Irak furent considérables, 30 à 45 milliards de dollars furent dépensés dans l'achat de matériels manufacturés par l'URSS, 17 milliards par la France et 6 milliards par la Chine ! Tandis que l'Iran n'a eu accès qu'au marché Chinois et Nord-Coréen tous deux ayant vendu pour 3 milliards d'équipement, devant la Lybie et Israël.


Le cours pétrolier et la rente pétrolière des belligérants:


Bilan financier du conflit:


Dans le cas Iran-Irak, les ressources pétrolières furent les principales sources de revenus, elles permirent, en Irak, de subvenir à la vie des Irakiens de maintenir tout ou partie de leur niveau de vie d'avant guerre tout en soutenant l'acquisition de matériels à l'étranger. La volonté de Saddam pendant le conflit de constituer une industrie de la défense (T-72A notamment) découle des couts abyssaux des importations de matériels.

III. Planifier une opération

L'Etat-major de l'armée toute entière a pris le pas sur les commandants de corps, l'autonomie des unités a diminué au profit de la centralisation et d'un contrôle resserrer des troupes. En ce sens, vous êtes à la tête d'une complexe hiérarchie, d'un véritable système qu'il faut défendre et employer pour gagner la guerre. Dans la planification d'une opération ou de nombreuses opérations comprises dans un dessein stratégique il convient de déterminer vos objectifs, vos moyens et les perspectives à court, moyen et long terme tant en terme de réussite que d'échec.

En parlant de planification, seuls cinq Etats peuvent entreprendre de vastes campagnes avec des performances satisfaisantes, les Etats-Unis d'Amérique, la Russie, la Chine, la France et le Royaume-Uni. Les autres disposent de moyens de planification atrophiés ou pratiquement inexistant, les opérations seront donc clairement plus limitées et moins sophistiquées. Agir à l'internationale et indépendamment des autres est bien plus difficile, seuls trois pays peuvent se le permettre dans des délais raisonnables et avec une force de frappe suffisante, les Etats-Unis d'Amérique, la France et la Russie.

Exemple 3 : Le plan


A l'assaut du Khouzistan:


Pour élaborer un plan, commencez par déterminer le cadre, passons du point de vue de l'assaillant. Se saisir du Khouzistan passera par la conquête d'objectifs opérationnels d'importance à savoir la capitale de la province Ahvaz et la raffinerie d'Abadan. Sur le plan tactique il est nécessaire de défaire les formations iraniennes alors sur place et de repousser les renforts. Historiquement les forces adverses étant concentrées au Khouzistan, préventivement. Il vous faut avoir la surprise ou faute de l'avoir une supériorité aérienne (Opération Kaman 99) et clouer l'adversaire au sol. Faute de l'avoir eu Saddam a affronté une rude défense, des renforts en pagaille et une aviation qui a repoussé ses assauts aériens. Placez vos forces sur une carte google-map, maintenez un front cohérent et veillez à vos flancs, la méthode la plus courante se résume à perforer en de multiples points le front adverse grâce à une supériorité aériennes, mécanique et logistique décisive et d'atteindre la profondeur, couper le dispositif adverse de ses arrières et provoquer son reflux en désordre ou sa réédition. Envoyez vos plans avec un minimum d'indications, allez à l'essentiel et si vous voyez un texte trop volumineux compactez la chose jusqu'à pouvoir présenter le dit texte au modérateur en privé sur Discord. Rappelez vous du tempo, chaque tour (envoi de plans et réception du résultat) équivaut à moins d'une semaine au début des conflits puis s'allonge à mesure que le temps passe et que la guerre d'usure s'installe, le rythme peut s'accélérer à nouveau lors de grandes offensives, gardez en tête la vitesse de mouvement de vos forces hors combat sur route lors des déploiements et la vitesse réelle au combat et sur terrain accidenté lorsque celles ci seront engagées.

Exemple 4 : Opération Tempête du Désert


Opération tempête du désert:


L'opération en question a vu le triomphe de l'aviation et des forces mécanisées sur leur opposant, en quelques jours l'aviation a neutralisé la défense anti-aérienne désuète des irakiens et décimé leur aviation puis cloué au sol l'armée de Saddam, permettant la rupture du front et l'exploitation dans la profondeur des armées onusiennes. L'aviation a un rôle clef à remplir, elle permet de faire précisément ce que faisait l'artillerie lors de la seconde guerre mondiale mais bien au delà de la portée d'un canon, elle coupe les lignes, désorganise et immobilise les formations mécanisées. Si le ciel est contesté la décision s'emportera au sol, mais s'il est dominé par un belligérant la guerre est pour ainsi dire déjà jouée en sa faveur.

IV. De la planification à l'exécution

L'allocation des forces à un théâtre ne pourra jamais être complète, en effet une grande part sert de réservoir à hommes et matériels, approvisionnant le chaudron de la guerre contre l'étranger. La capacité de mobilisation et de production jouant ici à fond il n'est pas nécessaire de disposer du meilleur et du plus nombreux parc en temps de paix mais il est nécessaire de pouvoir mobiliser rapidement un nombre adéquat d'hommes, de préférence ayant passé la conscription, et surtout de matériels sortant des usines.

L'adaptation est au cœur de l'esprit d'un stratège, si vous ne parvenez pas à obtenir la conquête d'objectifs clefs, adaptez votre dispositif à la défensive et entamez une préparation pour vous saisir de nouveaux objectifs, moins audacieux, ou des mêmes mais par d'autres stratagèmes et passages que ceux déjà essayés. L'opération dépend de facteurs extérieurs à la bataille mais se joue lors des affrontements tactiques.

Des moyens supplémentaires seront donc nécessaires ou superflus pour mener à bien certaines opérations, des objectifs ne seront pas pris ou dépassés obligerons de fait à une révision de vos plans, à la levée de nouvelles troupes ou au transfert de nouvelles forces opérationnelles. Mobilisez et préservez votre réserve opérationnelle, n'engagez pas toutes vos forces vives et actives, mais déstabiliser votre dispositif par la ponction de la réserve d'armée ou de théâtre et provoquer son engament disproportionné empêche son renouvellement. Dégarnir gravement vos autres secteurs conduira fatalement à vous exposer à un coup de revers.

V. Doctrine, emploi des forces

L'infanterie motorisée/mécanisée c'est la base, elle tient la ligne et représente la force vive d'une armée. Les blindés incarnent la lance terrestre du dispositif, perforent et exploitent tout à la fois avec l'infanterie et surtout l'artillerie les positions adverses. Cependant c'est bien l'aviation qui représente la plus mortelle menace du champ de bataille, pour peu que votre adversaire n'est pas sanctuarisé son espace aérien.

L'usage de l'infanterie peut paraitre évident, cependant, précisons le un peu. L'infanterie a un pouvoir de choc réduit par rapport aux blindés mais dispose d'une mobilité très élevée, l'infanterie héliportée étant la force terrestre la plus mobile qui soit. Elle est donc employée en coopération avec l'arme blindée lors des actions en première ligne, garde les flancs et se trouve en avant garde dans un groupe de combat inter-arme lorsqu'il s'agit d'exploiter dans la profondeur ou de jouer le pompier face aux assauts adverses. La polyvalence de l'infanterie est sa force, a l'aise en terrain ouvert bien que vulnérable elle peut s'accrocher avec détermination et efficacité au moindre relief ainsi qu'aux centres urbains, elle est la première force débarquée lors d'opérations amphibies et joue un rôle fondamental dans la conduite d'une opération. Les forces spéciales, sont sur-spécialisées, elles sont dédiées à des mandats précis notamment le renseignement ou l'action anti-terroriste ou même l'action en première ligne aux côtés ou à la place des forces classiques. L'usage d'une force réduite à un gros mastodonte est préférable, sur tous les plans. Ainsi, préférez les forces bien entraînés et équipés aux masses d'appelés sous entraînés et mal dotés, préférez les forces spéciales aux milices et l'infanterie mécanisée à la piétaille vintage. L'emprunte logistique est moindre, les résultats supérieurs ou équivalents, le coût plus faible.

L'emploi des blindés n'est pas concevable en autonome, la formation blindée, seule, est certes redoutable par ses armes mais aveugle par ses capacités de détection. Il lui faut une périphérie amie pour interagir avec elle et s'organiser en conséquence face à des forces hostiles, l'épopée du char, seul face à des nués de fantassins, est révolue. L'infanterie contemporaine ayant la capacité de démolir des vagues entières de chars il convient de mixer les blindés avec l'infanterie mécanisée, l'aviation légère en support et l'aviation d'assaut. Malgré toutes leurs faiblesses, les chars demeurent la force de frappe la plus estimée d'une armée, souvent la plus choyée des forces régulières et généralement employée en cas de conflit de haute intensité, car c'est d'eux que proviendra les grands mouvements de chenilles et la perforation des défenses adverses. En effet le blindage et la canon d'un char allié à sa motorisation toujours plus performante lui donne la capacité de vaincre à distance et en terrain ouvert des adversaires nombreux et dégager un espace plus ou moins grand pour l'introduction de formations dédiées à l'exploitation, quand il n'est pas lui même de la partie, même si les pertes mécaniques sont très élevées durant ces expéditions, plus que sur la ligne de front.

L'artillerie, l'ancienne reine des batailles, a un rôle conséquent. Elle n'est plus capable de briser une défense adverse à moins de la saturer de munitions extrêmement lourde et d'handicaper ses propres stocks et la capacité logistique d'une armée. En revanche, elle apporte un soutien "rapproché" aux troupes (moins de 40km de distance) et oblitère des objectifs à faible valeur comme l'infanterie, réalise des tirs de contre batterie, elle a la capacité de ralentir les chars et d'en immobiliser certains, pas de les vaincre sauf en cas de coup direct à distance conventionnelle.

De ce fait, l'armée compte d'avantage sur l'aviation qui porte le feu plus loin, engage de plus loin encore et frappe précisément des cibles désignées par les forces terrestres. L'aviation est vulnérable aux armes anti-aériennes et concentrées ces dernières peuvent saturer l'aviation hostile et empêcher toute approche. Mais généralement ce n'est pas le cas, les pays en guerre étant souvent de capacités trop différentes, la faiblesse aérienne et la déficience anti-aérienne des opposants aux plus puissantes armées du globe permet l'emploi sans grand danger de l'aviation comme première force de frappe. Immobiliser, voilà ce qui caractérise l'aviation. Elle engage de grosses cibles comme les chars, l'artillerie et l'aviation adverse ainsi que sa marine, vise la désorganisation et surtout l'immobilisation des troupes ennemies et bien évidement la suprématie aérienne. La supériorité aérienne s'obtient d'abord par le BVR, c'est à dire l'affrontement hors de la distance de vision, le combat en BVR exige discrétion, capacité de détection et distance franchissable par les armes employées ainsi que la fiabilité de ces dernières. Si le BVR n'est pas concluant (souvent entre appareils de même niveau technologique) un combat tournoyant est engagé, le plus fort s'avère être celui qui conserve le mieux son énergie, emploi au mieux ses missiles (par exemple, le casque tête haute ayant donné un temps l'avantage au MIG-29) et affiche un temps de tour le plus faible, bref à l'ancienne mais plus rare que le BVR.

VI. L'échelle tactique

Ici je vais vous exposer un exemple de test réalisé grâce à deux joueurs volontaires, Vautour et Vailleuh. J'ai implanté un background afin de donner de la profondeur à un conflit limité entre la Chine (Vautour) et Vailleuh (Russie). Encore merci à eux pour leurs retours, leurs conseils et leur participation.

L'Ours contre le Dragon

Contexte : 1992, après plusieurs mois de négociations avec la République Populaire de Chine au sujet des frontières "naturelles" entre la Fédération de Russie et la R.P.C, Boris Eltsine met fin aux échanges à ce propos avec autorités chinoises et maintient en Extrême-Orient de puissantes troupe. Le rythme des escarmouches ne diminue pas, l'impasse dans laquelle aboutissent les négociations de 2006 provoquent un refroidissement prononcé des relations entre la Russie et la Chine. Entre 1999 et 2007 Vladimir Poutine a restauré les bases de la puissance militaire russe en profitant de la hausse du cours du brut tandis que Hu Jintao, de 2002 à 2007 a constamment investit dans la défense grâce aux dividendes du capitalisme. L'enjeu du conflit de prestige qui secoue l'Orient n'est autre que l'Île Damanski (Île Zhenbao), alors aux mains d'un bataillon russe qui y a rétablit depuis la mi mai 2007 des points défensifs après une tentative avortée de reset des relations sino-russes. Fin mai les autorités chinoises tiennent conférences sur conférences et finissent par définir le cadre d'une action limitée contre l'Île. Camarades généraux, à vous d'attaquer ou de défendre l'Ile et ses environs, d'ici deux mois la diplomatie de vos pays doit avoir obtenu le plus de dividendes pour imposer une nouvelle frontière à l'opposant, priez pour que l'opération ne se conclue pas par un match-nul.

Ordre de bataille chinois :

16ème Armée Chinoise

46ème division d'infanterie motorisée

- x 1 régiment blindé (80 Type 96 et 1000 hommes).
- x 3 régiments motorisés (450 Type 90 et 3000 hommes).
- x 1 régiment d'artillerie (48 Type 93 et 750 hommes).
- x 1 bataillon LRM (18 BM-21 et 250 hommes).
- x 1 bataillon de reconnaissance (50 Type 90 et 500 hommes).
- x 1 bataillon anti-aérien (24 Type 95, 27 SA-14 et 250 hommes).
- x 1 bataillon du génie.
- ... logistique.

Brigade spéciale

- x 2 régiments d'infanterie légère (3000 hommes).
- x 1 bataillon d'artillerie légère (18 pièces de 120mm, 250 hommes).
- x 1 bataillon de reconnaissance (500 hommes).
- x 1 bataillon du génie.
- ... logistique.

Eléments disponibles de la 4ème division blindée (ci dessous)

- x 1 régiments blindé (80 Type 96 et 1000 hommes).
- x 1 régiment mécanisé (150 Type 91 et 1000 hommes).
- x 1 bataillon de reconnaissance (50 Type 91 et 500 hommes).

Aviation :

- 1er régiment de chasse : 12 J-11 (une escadrille)
- 2ème régiment de chasse : 24 J-7 (deux escadrilles)
- 11ème régiment d'aviation légère : 75 Z-9

Ordre de bataille russe :

5ème Armée Russe

Secteur Anna (Île Damanski)

- x 1 bataillon motorisé (40 BTR-80A et 350 hommes).

81ème division d'infanterie motorisée (Bikin)

- x 1 régiment blindé (191 T-72B et 700 hommes).
- x 2 régiments motorisés (200 BTR-80A et 2000 hommes).
- x 1 régiment mécanisé (100 BMP-2M et 1000 hommes).
- x 1 régiment d'artillerie (36 2S3M1 et 500 hommes).
- x 1 bataillon LRM (12 BM-21 et 175 hommes).
- x 1 bataillon anti-char (12 2S25 Sprurt, 18 9P148 - Konkurs et 250 hommes).
- x 1 bataillon de reconnaissance (35 BTR-80A et 350 hommes).
- x 1 bataillon anti-aérien (9 TOR-M1, 4 2K22M1, 4 9K35M Strela-10M4, 19 SA-14 et 175 hommes).
- x 1 bataillon du génie.
- ... logistique.

Aviation :

22ème Régiment : 12 Su-27.
23ème Régiment : 6 MiG-31.

Comme vous pouvez le constater le joueur russe a une moindre infanterie et taillée pour le combat en terrain ouvert, le joueur chinois a une légère infériorité numérique en terme de blindés mais une supériorité numérique dans le domaine aérien et dans l'infanterie. Le manque d'effectifs russes (comparé à la réalité) est compensé par l'arrivée de renfort et le renforcement de la 81ème division au fur et à mesure de l'affrontement, pour raison d'équilibrage







A l'aide d'un groupement hétérogène, l'attaque chinoise est lancée, les forces russes sur place résistent puis sont écrasées sous le poids de l'attaque. L'erreur du joueur chinois, minime, fut de lancer une attaque de grand style et combinée contre une Ile. La défense a eu la possibilité de détecter ce faramineux empilement de forces et d'engager sans coup férir les assaillants, leur infligeant des pertes substantielles notamment mécaniques. L'usage des forces spéciales au sein d'un groupement d'infiltration (forces spéciales) aurait pu neutraliser rapidement le bataillon russe. Ensuite, les renforts russes arrivent sur le champ de bataille, prévenues d'une concentration de forces sur le fleuve par les populations et le bataillon sur place. Elles engagent le passage du fleuve par le Nord et entendent éviter le passage du fleuve par le centre du champ de bataille. La garnison de l'Ile, épuisée et vaincue, reçoit l'ordre de battre en retraite, laissant une part considérable de ses forces aux mains des chinois.





S'engage ensuite un combat de chars en terrain semi-ouvert entrecoupé de lignes d'arbres au nord de l'Ile. Sous un feu croisé les troupes chinoises, localement inférieures en nombre, essuient des pertes considérables et doivent battre en retraite. De toute part arrive des renforts, russes et chinois perçoivent respectivement trois bataillons d'infanterie mécanisé de bon niveau tandis que les chinois perçoivent le reste de la 4ème division blindée, venant de chaque côté remplumer ou améliorer les deux dispositifs sans réellement les déséquilibrer. Lorsque la contre attaque chinoise s'organise il est trop tard, les russes franchissent en masse le fleuve sous le couvert de leur aviation et poussent leur avantage, en quelques heures l'assaut chinois est brisé et l'Ile revendiquée abandonnée, au sud une attaque chinoise bute sur son équivalent russe, sans résultat. La bataille aérienne qui s'est livrée n'a pas été décisive, l'artillerie s'est révélé efficace pour ralentir les blindés russes mais leur tempo ainsi que leur concentration a été suffisante pour refouler le flanc nord chinois, la bataille se conclu par une victoire russe.





Ici ce qui a péché fut sans aucun doute la concentration au centre du corps chinois, celui ci a été débordé par son aile nord mais aurait pu y résister avec les forces adéquates. Former des groupements est souvent compliqué du fait des multiples plans possibles, aussi définissez votre plan en fonction de la géographie, adoptez des formations adéquates à votre plan et conservez une réserve.

Des groupements pré-faits vous sont proposés, ils vont de l'échelle du régiment à celui d'une puissante brigade. Rien ne vous empêche de penser par vous même les groupements, il ne s'agit que d'exemples. Tout dépend vos situations et l'échelle du combat, certains groupements tiennent du corps d'armée !

Groupement de choc :

2 à 6 bataillons blindés.
1 à 3 bataillons d'infanterie mécanisé.
1 à 2 bataillons d'artillerie automotrice.
1 à 2 bataillons anti-aérien.
1 bataillon anti-char.
1 bataillon du génie.
1 support de l'aviation d'assaut et de chasse (Une escadrille mixte).
1 support de l'aviation légère (Un régiment mixte couvrant tout le spectre).

Groupement de manœuvre :

1 à 3 bataillons d'infanterie mécanisé
2 à 6 bataillons d'infanterie motorisé.
1 à 2 bataillons d'artillerie automotrice.
1 à 2 bataillons anti-aérien.
1 à 2 bataillon anti-char.
1 bataillon du génie.
1 support de l'aviation d'assaut et de chasse (Une escadrille mixte).
1 support de l'aviation légère (Un régiment mixte couvrant tout le spectre).

Groupement d'infanterie :

1 demi-bataillon blindé ou 1 bataillon mécanisé.
4 bataillons d'infanterie portée.
4 bataillons d'infanterie.
1 demi-bataillons anti-aérien.
1 bataillon d'artillerie
1 bataillon du génie.

Groupement d'artillerie :

3 à 9 bataillons d'artillerie automotrice ou tractée
1 à 3 bataillons anti-aérien.
1 à 3 bataillons anti-char.
1 support de l'aviation légère (Un à deux régiments mixtes axés sur le transport et la reconnaissance)
1 pôle de l'aviation (Un à trois régiments mixtes axés sur l'attaque au sol et la suprématie aérienne).

VII. Résultat d'une opération et continuité de la guerre


Après la guerre des six jours ayant vu les armées arabes vaincues par l'armée israélienne, une guerre d'usure s'instaura. Cette guerre d'usure dura de 1967 à 1970 et a vu l'affrontement en des lieux très localisés des forces des deux camps, immobilisant une part considérable de la population en âge de combattre de la nation israélienne. Elle a occasionné des pertes significatives de part et d'autre et engendré un rapprochement accru de l'Egypte avec l'URSS, plus encore que sous Nasser. El-Sadate lance son opération sans l'accord soviétique en pleine fête religieuse et engage ses armées à l'assaut du canal de Suez, ses vaillantes troupes emportent les objectifs en un temps record et démontrent toute la brutalité et l'efficacité de l'infanterie contemporaine lorsqu'elle bat, à l'abris du parapluie anti-aérien, les redoutables blindés israéliens. De guerre à paix il n'y a qu'un pas, l'Egypte a joué la carte de la continuation et a du trouver un temps mort pour reconstituer une armée entre deux opérations, celle des six jours et celle du Kippour. La défaite vécue lors des six jours explique ce temps considérable nécessaire à la restauration des armées arabes qui attaquèrent sur le Golan comme sur le canal de Suez. Le résultat d'une opération se quantifie dans un rapport entre le coût et les gains, ainsi le grand jour de Sadate a vu les arabes tenter le tout pour le tout, sachant que l'objectif était à porté de chenilles et que la situation leur était favorable sur le plan internationale et nécessaire sur le plan économique afin de reconquérir les puits pétroliers du Sinaï et l'intégralité du canal de Suez. La guerre ne se joue généralement plus en un coup et il vous faudra user de patience dans la conception de vos plans, la perte d'un bout de votre territoire n'est pas définitive et la victoire ne se mesure pas au seul coût qu'elle engendre, qu'il soit humain ou matériel. Pensez vos offensives en séquences, en multiples opérations dans le temps comme dans l'espace.

Conclusion

J'espère que ce guide vous permettra de mieux saisir le conflit, j'ai essayé de vulgarisé au maximum l'idée que le conflit ne se gagne généralement pas en un coup, que si le premier coup n'est pas décisif il s'ensuivra une lutte d'économies autant voir plus que d'armées. Donc si j'ai un ultime conseil à vous donner, songez d'aborder à vos économies, la guerre est certes le prolongement de la politique mais n'en ai pas la seule arme et cette dernière dépend de toutes les autres ressources de la nation pour accomplir son œuvre. Conservez une armée de temps de paix respectable et adaptée à ses mandats, les forces pléthoriques, à moins d'un conflit déjà en cours ou d'un conflit à vos portes ne sont pas nécessaires.
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Prishayev
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